L'EMPIRE 

3 ème partie (1811-1814)


Napoléon 1er
Par Jean-Antoine Houdon
Musée des châteaux de Versailles et du Trianon



La naissance d'un héritier


En octobre 1810, l'empereur avait annoncé que l'impératrice était enceinte. C'est le 20 mars 1811 que l'impératrice donne le jour à un gros garçon. 101 coups de canons sont tirés pour annoncer la naissance tant attendue de cet héritier.


Titré roi de Rome, il est baptisé en grande pompe à Notre-Dame de Paris le 9 juin 1811.



Le roi de Rome reçu les prénoms de Napoléon, François, Joseph et Charles.
Napoléon vivra aux cotés de son fils jusqu'au 9 mai 1812, date de son départ pour la campagne de Russie. Ce sont les seuls moments qu'il passa auprès de lui. Napoléon ne reverra plus jamais son fils ensuite.



La campagne de Russie


Les relations entre Napoléon et le Tsar Alexandre s'était peu à peu détériorées. Depuis 1810 le Tsar élaborait des projets de guerre contre l'Empire français. La levée du blocus continental par la Russie et le refus du Tsar d'assister à son mariage avec Marie-Louise encourage Napoléon dans la voie de la guerre.


Napoléon rassemble la Grande armée près du fleuve Niémen. Après avoir envoyé au Tsar une dernière offre de paix restée sans réponse le 22 juin 1812 la guerre est déclarée. 


Mikhaïl Koutousov est le général en chef de l'armée impériale russe du Tsar Alexandre forte d'environ 280 000 hommes. 


Le général russe Barclay de Tolly commande la première armée de l'ouest forte de près de 160 000 hommes et de 600 canons.


Le général russe Bagration est lui à le tête de la deuxième armée de l'ouest forte de 60 000 hommes et de 200 canons.


La Grande armée est elle forte de plus de 450 000 hommes. L'armée française avance rapidement et rencontre au départ peu de résistance. Les russes en se retirant détruisent tout. 5 jours après avoir franchi le Niémen les français entrent dans la capitale de la Lituanie, Wilna (Vilnius). Napoléon transforme la ville en dépôt pour la Grande armée. Le 28 juillet les français prennent Vitebsk.


Le 17 août 1812 en début d'après-midi la Grande armée attaque Smolensk. 


Les russes après avoir fait des efforts de résistance abandonnent la ville après y avoir mis le feu.


Le général russe Wittgenstein, futur maréchal, à un rôle décisif lors de la campagne de Russie. Il commande l'aile droite de l'armée russe et empêche l'aile gauche de la Grande armée de prendre Saint-Petersbourg. On le surnomma "Le sauveur de Saint-Petersbourg".


La Grande armée poursuit les russes et le 7 septembre 1812 se déroule la bataille de la Moskova, appelée par les russes bataille de Borodino.





Le général russe Aleksey Yermolov se distingua lors de la bataille de Borodino en menant une contre-attaque qui permis aux russes de reprendre la Grande Redoute pour un temps.


A la tombée de la nuit l'armée russe bât en retraite en laissant sur le champ de bataille 45 000 hommes hors de combat, dont 25 généraux. Les pertes du coté français sont de 28 000 hommes, dont 49 généraux.


Koutousov lors de la conférence de Fili le 13 septembre décide qu'il faut abandonner Moscou aux français. Le 14 septembre en début d'après-midi Napoléon fait son entrée dans l'ancienne capitale de la Moscovie, la ville est déserte et vidée de ses provisions.

Du 14 ou 18 septembre des incendies détruisent Moscou privant les français d'abris dans la ville. Napoléon voit s'envoler son rêve de conquête.


Début octobre L'empereur charge le général Lauriston d'une mission de négociation de paix avec le maréchal Koutousov. Lauriston est reçu le 5 octobre 1812 par Koutousov qui dit devoir en référer au Tsar laissant les français dans l'incertitude.



La retraite de Russie


Le 18 octobre, Napoléon siégeant dans une ville en ruine sans avoir de réponse des russes décide la retraite. Approvisionner l'armée devient impossible, le fourrage manquant fait que les chevaux meurent ou sont tués pour nourrir les soldats. le rude hiver russe s'installe.



Les Russes mènent une guerre de harcèlement en attaquant les unités françaises isolées. Des unités de partisans dont celle du général Denis Davydov font une guerre d'escarmouches en attaquant sans cesse le trajet des français.



Du 26 au 29 novembre 1812, la bataille de la Bérézina est une victoire tactique de Napoléon qui réussi a faire franchir la rivière à tous les français encore en armes.


Début décembre Napoléon apprend qu'un coup d'Etat a été tenté à Paris. Il donne des ordres et le commandement des troupes à Murat et rentre en traîneau à Paris en abandonnant son armée en déroute.
Napoléon n'est pas complètement défait mais le bilan de cette campagne est de près de 200 000 morts et plus de 180 000 prisonniers.


La campagne d'Allemagne


Napoléon rentré en France réunit une armée de 400 000 soldats composée en majorité de jeunes conscrits, Les Marie-Louise. Cette armée rejoint les restes de la Grande Armée en Saxe au printemps 1813.
Les russes poursuivaient les restes de la Grande Armée en Europe centrale, fin janvier Dantzig est encerclée. Le 16 mars la Prusse déclare la guerre à la France. Le 23 mars Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal de Napoléon devenu souverain de la Suède déclare à son tour la guerre à la France.


Les Etats allemands se retournent contre Napoléon les uns après les autres se joignant à la Russie. jusque là seuls des groupes exilés comme le général prussien Gneisenau et la Légion russo-allemande s'opposaient à Napoléon.


Dès début janvier le roi de Prusse autorise la formation d'unités de chasseurs volontaires. Ces groupes comme le corps franc de Lützow rassemblent moins de 10 000 hommes au total mais leur impact est important.


Le 1er mai 1813 à Rippach, le maréchal Bessières, commandant de la cavalerie de la Garde Impériale est mortellement blessé.


Au début de la campagne, Napoléon remporte des victoires, comme à Lützen le 2 mai 1813 et à Bautzen fin mai ce qui amène les Russo-Prussiens à signer le 4 juin l'armistice de Pleiswitz. La trève dure jusqu'au 10 août, les contreparties d'une paix générale ayant été refusés par Napoléon. Le 11 août l'Autriche déclare la guerre à la France. Le 27 août Napoléon remporte sa dernière grande victoire à Dresde 

En minorité numérique Napoléon se replie vers Leipzig ou il concentre 177 000 hommes. les coalisés sont plus de 300 000 lorsque la bataille de Leipzig, dite bataille des Nations commence.


Au début de la bataille, le 16 octobre, Napoléon élève le général Josef Poniatowsky à la dignité de maréchal de France, faisant de lui le seul général étranger à avoir reçu cet honneur. 3 jours plus tard, le tout nouveau maréchal se noie en tentant de traverser l'Elster.


Le premier jour de la bataille, le 16 octobre, les attaques des coalisés ne sont pas décisives et les assauts sont repoussés par les français.
Le 17 octobre les forces en présence reçoivent des renforts, c'est le 18 octobre le tournant de la bataille avec la défection d'une brigade saxonne et d'une brigade de cavalerie wurtembergeoise qui passent aux russes.


Le soir du 18 octobre la bataille est perdue pour les français. Napoléon décide de retirer la majorité de ses troupes pendant la nuit en leur faisant traverser la rivière l'Elster.


La retraite de Napoléon lui permet de sauver son armée, les alliés épuisés ne peuvent pas poursuivre les français et transformer cette bataille en victoire complète.


La campagne de France


Napoléon traverse le Rhin le 7 novembre 1813, il arrive à Saint-Cloud le 9 novembre, le 14 novembre il s'adresse aux sénateurs, le 15 novembre un sénatus-consulte lève des troupes supplémentaires.


Le 4 décembre les Alliés déclarent que Napoléon veut la guerre, à partir du 15 décembre les armées de la coalition se mettent en mouvement vers la France



Napoléon dispose de 460 000 hommes et de 160 000 gardes nationaux en réserve, les coalisés disposent eux d'environ 1 000 000 de soldats. Les troupes coalisées sont composées par la Russie, la Prusse, le Royaume-Uni, la Suède, l'Autriche, les anciens Etats allemands alliés de Napoléon et à partir du 6 janvier par 30 000 soldats de Murat qui a trahit pour conserver son trône de Naples.


Trois armées envahissent la France, celle de Bohême commandée par le prince de Schwarzenberg, celle de Silésie commandée par le maréchal prussien Blücher et celle du nord commandée par Bernadotte.


Les armées de Bohême et de Silésie traversent le Rhin et les premiers affrontements ont lieu le 24 décembre à Sainte-Croix-en-Plaine. L'armée prussienne avance rapidement. Le 27 janvier l'avant-garde de Blucher est repoussée à Saint-Dizier. 


Napoléon tentant d'empêcher la jonction des armées de Bohême et de Silésie attaque le 29 janvier Brienne-le-Château. 


Blücher se retire sur Bar-sur-Aube. La jonction se fait quand même, 100 000 coalisés sont dans les plaines de l'Aube.


Durant le mois de février et début mars les armées de Napoléon remportent des succès face aux forces coalisées. Le 13 mars à la bataille de Reims les français conduits par Napoléon sont victorieux. 


Les troupes françaises sont épuisées, les 20 et 21 mars 1814 à la bataille d'Arcis-sur-Aube Napoléon bloqué par l'armée de Schwarzenberg est forcé de faire retraite vers Vitry-le François puis deux jours plus tard vers Saint-Dizier.


Les armées de Blücher et de Schwarzenberg se regroupent dans les plaines de Châlons et décident d'attaquer directement Paris. Le 25 mars les maréchaux Mortier et Marmont sont battus à Fère-Champenoise. La route de Paris est ouverte à l'ennemi.


Le 30 mars 1814, Paris est attaqué. La bataille la plus importante à lieu à la barrière de Clichy défendue par Moncey qui commande la Garde Nationale.
Dans la soirée le maréchal Marmont signe un armistice et les troupes françaises évacuent Paris.


Le 31 mars, Napoléon se rend à Fontainebleau pour attendre la suite des évènements.


Au même moment les souverains alliés, l'empereur de Russie et le roi de Prusse font leur entrée dans Paris. Les alliés veulent rétablir les Bourbons, le 1er avril le Sénat organise un gouvernement provisoire présidé par Talleyrand et déclare Napoléon déchu du trône et le droit héréditaire aboli dans sa famille.


Le 4 avril, Napoléon poussé par les maréchaux Ney, Lefebvre, Berthier, Oudinot, Moncey et Macdonald signe une abdication conditionnelle sous réserve des droits de son fils et de sa femme. Les alliés exigent une abdication inconditionnelle que Napoléon signe le 6 avril.
Le Sénat appelle alors le frère cadet de Louis XVI comme roi des français sous le nom de Louis XVIII.
Le 11 avril le traité de Fontainebleau stipule que Napoléon garde son titre d'empereur et reçoit en pleine souveraineté l'île d'Elbe et une rente du gouvernement français.


Le 20 avril Napoléon fait ses adieux à la Garde puis il part pour Saint-Raphaël ou il embarque le 29 avril pour l'Ile d'Elbe.


Le 3 mai 1814, Napoléon débarque sur l'ile d'Elbe et Louis XVIII fait son entrée dans Paris. Le 6 mai le roi par ordonnance décide de réorganiser l'armée en instituant un conseil de guerre composé entre autre des maréchaux Ney, Augereau et Macdonald.


Le 29 mai 1814 vers midi Joséphine meurt au château de La Malmaison d'une pneumonie. Des funérailles en grande pompe ont lieu le 2 juin dans l'église de Rueil.

Napoléon, pendant ses dix mois d'exil sur l'ile d'Elbe, règne en souverain sur ce petit territoire en consacrant son temps à améliorer l'organisation militaire, sociale et économique de l'île tout en songeant à regagner la France.


Marie-Louise ne rejoindra pas Napoléon sur l'île d'Elbe, mais trois femmes égayeront les trois cents jour que l'empereur passera sur l'île d'Elbe, sa mère qui arriva le 2 août, sa maitresse Maria Walewska qui arriva le 1er septembre et sa soeur Pauline Borghèse qui lui rendra visite.

L'ennui, le refus de Marie-Louise de le rejoindre et les difficultés financières dues au fait que la rente promise par Louis XVIII n'est pas versée vont précipiter le retour de Napoléon en France.

Voir le chapitre suivant : Les Cent-Jours (1815)