LE CONSULAT 

(1800-1804)


Buste de Bonaparte, 1er Consul
Par Louis-Simon Boizot
Musée de la maison Bonaparte



Le 26 décembre 1799, au Palais du Petit Luxembourg le Conseil d'Etat est mis en place. les présidents prêtent serment devant les trois consuls, Bonaparte, Cambacérès et Lebrun.


Le Premier Consul se met aussitôt au travail, le 6 janvier il crée la Banque de France, le 17 février il établit les préfets et le 18 mars il met en place l'appareil judiciaire composé des tribunaux d'instance, des cours d'appel et de cassation qui existe encore de nos jours.


Le 18 février 1800, en grande pompe, le Premier Consul s'installe aux Tuileries dans les anciens appartements du Roi Louis XVI.


Le Premier Consul passe ses journées au travail, entouré de deux ministres de talent, Fouché, ministre de la police, qui contrôle tout ce qui se passe et Talleyrand qui est un très fin diplomate.


Parallèlement à l'administration de la France, Bonaparte doit faire face à l'insurrection royaliste de l'ouest. Il mobilise l'armée de l'ouest et en confie le commandement au général Brune.


Les journées de Bonaparte sont intenses, il se lève tôt le matin, et ne se couche jamais avant minuit. La seule détente qu'il a, c'est le déjeuner qu'il prend avec Joséphine.


Tout irait pour le mieux, si la guerre avec l'étranger était terminé, mais les autrichiens sont toujours là ! Contrairement aux russes qui abandonnèrent après leur défaite à Zurich le 25 septembre 1799.
Les autrichiens ont reconquis la vallée du Pô et poussés l'armée de Masséna sur Gènes. Il est urgent d'intervenir pour libérer Masséna assiégé.
Bonaparte ayant réuni une armée en Bourgogne en prend la tête et décide de prendre le chemin le plus court, celui de la traversée des Alpes. Depuis Hannibal et son armée, personne n'avait osé emprunter à nouveau cette route difficile.




La deuxième campagne d'Italie.


C'est le 14 mai alors que l'hiver est à peine terminé que l'armée de Bonaparte aborde l'ascension vers le col du Grand Saint-Bernard qui est à près de 2500 mètres d'altitude.




 Parti de Martigny le 20 mai au matin, Bonaparte arriva en fin de soirée à l'hospice du mont Saint-Bernard. Il dîna et visita l'hospice et sa bibliothèque avant de descendre dans la vallée du Pô au devant des autrichiens.



L'armée de Bonaparte était forte de 55 000 hommes. Les autrichiens qui avaient pris Gènes remontèrent vers le nord au devant des troupes françaises. 
Le général Lannes les bouscula sévèrement à Montebello, puis ils rencontrèrent Bonaparte à Marengo le 14 juin 1800.





La bataille débute mal pour les français, Bonaparte est obligé de reculer. Il envoie un message au général Desaix qui se guidant au bruit des canons arrive en début d'après-midi avec des renforts. Desaix retourne la situation mais meurt au cours de la Bataille. 


Le lendemain Bonaparte signe un armistice avec le général autrichien Michael Von Melas qui aboutira à la paix de Lunéville entre la France et l'Autriche le 9 février 1801. 


Bonaparte rentre à Paris le 2 juillet 1800, la victoire de Marengo l'impose à l'Europe comme un chef d'Etat incontestable.
Mais Bonaparte entre alors dans une période ou il lui faut déjouer toutes
les conspirations. Les bourbons, héritiers de Louis XVI, tentent de lui proposer un poste de Connétable contre leur retour sur le trône. Les terroristes jacobins organisent des attentats qui sont déjoués par Fouché. Le 24 décembre 1800, Bonaparte échappera de peu à la mort rue Saint-Nicaise ou une charrette piégée explose peu après son passage. 


Le 24 mars 1801, le Tsar Paul 1er est assassiné, son fils Alexandre lui succède. Bonaparte a un nouvel ennemi avec ce nouveau Tsar proche des anglais.


Le 15 juillet 1801 en signant le Concordat avec le Pape, Bonaparte met fin à la crise avec l'Eglise catholique.


Bonaparte et Joséphine à La Malmaison.


C'est le 21 avril 1799 que Joséphine avait acheté une vaste demeure appelée La Malmaison, près de Rueil. La Malmaison devient très vite la résidence préférée du 1er Consul qui s'y rend chaque fin de semaine.



A La Malmaison, Bonaparte à un bureau aménagé dans la bibliothèque et une pièce attenante dans laquelle il reçoit les ministres et les invités divers.


Le soir le 1er Consul et son épouse organisent des dîners pour recevoir la haute société consulaire. Il y a parfois plus d'une centaine d'invités.


Bonaparte président de la république cisalpine


Après avoir présidé au mariage de son frère Louis avec Hortense, la fille de sa femme, il se rend à Lyon pour assister à une réunion des représentants italiens. Le 25 janvier 1802, il est élu président de la république cisalpine.



Bonaparte Consul à vie


Le 25 mars 1802, les négociations de paix avec l'Angleterre aboutissent à la paix d’Amiens. Après 10 années de guerre, l'Europe est enfin en paix.


Auréolés de ses succès, Bonaparte encouragé par Talleyrand et Cambacérès, soumet aux électeurs sa nomination comme Consul à vie. Le résultat du plébiscite est sans appel, le peuple français a voté à une majorité écrasante. Le 2 août 1802, Bonaparte est proclamé Consul à vie par le Sénat.



Deux jours après sa nomination, Bonaparte fait adopter un senatus-consulte qui augmente encore ses pouvoirs.


Les républicains convaincus entrent dans l'opposition. Madame de Staël, ex amoureuse éconduite par Bonaparte, dénonce la dérive monarchiste du Consulat.


Cette opposition libérale se retrouve dans les salons de littérature de Madame de Staël ou de Juliette Récamier qui eut un grand nombre d'admirateurs comme Lucien Bonaparte, Bernadotte et Chateaubriand dont elle fut l'égérie.

 

Bonaparte n'hésita pas à réprimer ces salons, celui de Madame de Staël sera fermé et elle devra partie en exil en Suisse. En 1811 Juliette Récamier se fera exiler "à quarante lieues de Paris". Son salon ré-ouvrira en 1814 après l'abdication de Napoléon. 


En février 1802, Bonaparte avait décidé de reprendre le contrôle de Saint-Domingue. Toussaint-Louverture, esclave noir affranchi, avait déclaré l'indépendance d'Haïti en 1800. En 1802 il dut capituler face aux troupes françaises du général Leclerc. Il fut arrêté le 7 juin 1802 et emprisonné en France ou il mourut en 1803. Cette arrestation ne fit qu'empirer la situation en Haïti et les français de Rochambeau furent battus en novembre 1803.


Le 25 février 1803, la diète germanique met fin au Saint-Empire germanique, Talleyrand représentant la France impose son plan de paix.


La même année, Bonaparte décide de vendre la Louisiane aux Etats-Unis d’Amérique. François de Barbé Marbois, ministre du trésor, négocie avec les deux ambassadeurs américains, Robert Livingston et James Monroe, futur président des Etats-Unis. 




Les anglais n'ayant pas tenu leurs engagements la paix d'Amiens est rompue le 20 mai 1803. Le 23 mai les anglais déclare la guerre à la France.
Bonaparte passera le reste de l'année à réorganiser la flotte française en vue d'un débarquement en Angleterre.

Début 1804 les risques d'attentats contre Bonaparte sont à nouveau très préoccupants. Un important complot est déjoué, Pichegru et Moreau, héros militaires des guerres de la Révolution, sont arrêtés ainsi que le chouan Cadoudal qui vivait caché en France. Le Duc d'Enghien, soupçonné de faire partie du complot est enlevé et exécuté le 20 mars 1804 dans les fossés du château de Vincennes. 



Cette exécution trouble beaucoup l'entourage de Bonaparte, Fouché aurait dit " C'est plus qu'un crime, c'est une faute". Les cours européennes sont toutes scandalisées !

Le lendemain de l'exécution du Duc d'Enghien, Bonaparte fait promulgué le Code Civil. C'est le 13 mai 1800 que le premier Consul avait désigné une commission de quatre juristes, Tronchet, Bigot de Preameneu, Portalis et Maleville, dirigée par Cambacérès pour préparer un projet de code civil français.



De juillet 1801 à mars 1804, la commission se réunira plus de 100 fois. Bonaparte assista à de nombreuses séances. Ce code qui fut très vite appelé le Code Napoléon avait pour objectifs, que la loi fut écrite et claire, que chacun connaisse ses droits, que la laïcité soit installée et que la propriété immobilière soit définie.



Les complots royalistes accélèrent l'avènement de l'empire. Le 18 mai 1804, Cambacérès et Lebrun accompagnés d'une députation du Sénat se rendent au Palais de Saint-Cloud pour remettre au 1er Consul le senatus consulte qui le proclame Empereur des français. Bonaparte aurait répondu " J'accepte le titre que vous croyez utile à la gloire de la Nation" . Napoléon 1er était né.



Voir le chapitre suivant : L'Empire, 1er partie 1804 à 1806