L'EMPIRE 

1er partie (1804-1806)

Buste de Napoléon en bronze


Le Grand Conseil de l'Empire est composé de Grands Dignitaires : Joseph Bonaparte devient Grand Électeur, Cambacérès Archichancelier, Lebrun Architrésorier, Louis Bonaparte Grand Connétable et Murat Grand Amiral.


Napoléon préféra l'Aigle, ancien insigne des Légions romaines, au coq gaulois pour représenter les armes de l'Empire.


Armoiries impériales de Napoléon 1er

Dès le 19 mai, l'empereur nomme 18 maréchaux, Berthier, Augereau, Mortier, Murat, Bernadotte, Ney, Pérignon, Moncey, Soult, Davout, Sérurier, Jourdan, Brune, Bessières, Masséna, Lannes, Lefèbvre et Kellerman pour s'assurer de l'armée.


L'Ordre de la Légion d'Honneur avait été institué le 19 mai 1802, mais ce n'est que le 15 juillet 1804, lors d'une cérémonie grandiose dans l'église des Invalides que Napoléon distribue lui-même, les premiers insignes de la Légion d'Honneur à des civils.


Le 15 août, le jour de la Saint Napoléon et de son anniversaire, il procède à une autre distribution des croix aux soldats du camp de Boulogne en présence des nouveaux maréchaux.


Napoléon prépare le sacre du premier empereur des français, il écrit au pape Pie VII, qui après avoir hésité à cautionner le couronnement d'un enfant de la Révolution, décide de se rendre à Paris.
La date de la cérémonie est fixée au 2 décembre 1804, le 25 novembre Napoléon apprend que l'arrivée du pape est imminente, il décide de se porter à sa rencontre tout en voulant faire croire au hasard d'une partie de chasse.


C'est dans la forêt de Fontainebleau que les deux souverains se rencontrèrent, se saluèrent puis firent le chemin restant jusqu'à la résidence du pape dans la voiture impériale.



Le Sacre


Le 2 décembre 1804 au matin, Napoléon entre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris revêtu d'un manteau de velours pourpre et coiffé d'une couronne de laurier. Tous les dignitaires du régime l’accueille aux cris de "Vive l'empereur"


Napoléon, après avoir reçu du pape la triple onction, prend lui-même la couronne, la pose sur sa tête puis sur celle de Joséphine agenouillée. Ensuite le pape benit l'épée et le sceptre avant de consacrer les anneaux. A quinze heure la cérémonie fastueuse se termine par 101 coups de canons.


Le peintre Jacques-Louis David mettra trois années à peindre le tableau gigantesque du sacre que Napoléon lui avait commandé. Élève de Boucher, premier peintre de l'empire en 1805, il devint le maître de toute une génération de peintre






Napoléon en costume du sacre a inspiré de très nombreux artistes dont Jean-Dominique Ingres, le baron François Gérard, Robert Lefèvre et Anne-Louis Girodet de Roucy-Trioson




Le 5 décembre 1804, au Champs-de-Mars, après la distribution des aigles, l'empereur reçoit le serment des chefs de l'armée.


Le 9 décembre, Napoléon reçoit les représentants de l'armée au Palais du Louvre, dans la grande salle des Antiques.



La famille impériale



Louis Bonaparte, aide de camp de son frère durant les campagnes d'Italie et d'Egypte devient Connétable sous l'empire puis roi de Hollande de 1806 à 1810.



Jérôme, le plus jeune frère de l'empereur, après avoir servit dans la marine devient roi de Westphalie de 1807 à 1813.



Joseph Bonaparte, le frère aîné, brillera tout l'empire par son efficacité, roi de Naples en 1806 puis roi d'Espagne de 1808 à 1813, il vouera toute sa vie une haine cachée contre son frère.



Lucien Bonaparte, après avoir aidé son frère lors du coup d'état de 1799, sera banni à cause d'un mariage qui ne plut pas à l'empereur. Il ne participa pas aux honneurs de l'empire. Le pape le fera prince de Canino.


Élisa Bonaparte eut l'argent et la puissance sans faire un effort, elle cumulera des titres qu'elle conservera après l'abdication de son frère.


Caroline Bonaparte, vénale et jalouse profitera des titres de son mari, le grand cavalier de l'empire. C'est elle qui poussera son mari à trahir son frère en 1814.



Pauline Bonaparte épousa en première noce le général Leclerc qui mourut de la fièvre jaune à Saint-Domingue puis en seconde noce le prince Borghèse. Pauline eut une vie dissolue mais resta toujours fidèle à son frère. Elle fut la seule à lui rendre visite sur l'île d'Elbe.



Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine, épousa Louis Bonaparte et fut reine consort de Hollande de 1806 à 1810.



Stéphanie de Beauharnais, cousine des enfants de Joséphine, Hortense et Eugène, qui fut adoptée par Napoléon en 1806 devint la princesse impériale Stéphanie avant d'épouser Charles de Bade. Elle fut Grande-Duchesse de Bade de 1811 à 1818.



Napoléon, roi d'Italie


Napoléon transforme la république italienne en royaume et se nomme le 17 mars 1805 roi d'Italie. Eugène de Beauharnais, le fils de Joséphine est nommé vice-roi.


Le couronnement à lieu le 26 mai 1805 dans le "Duomo" de Milan. Napoléon ceint la couronne de fer qui était celle des roi lombards au Moyen-Âge.



La campagne de 1805


Au début de l'été 1805, l'Autriche, la Suède, le royaume de Naples, l'Angleterre et la Russie forment une coalition contre Napoléon. Le 29 août, Napoléon donne l'ordre à la "Grande Armée" d'envahir l'empire autrichien. 



La "Grande Armée" marche près de 400 kilomètres en 3 semaines, le 6 octobre, elle arrive au Danube et contourne les autrichiens. Le général autrichien Mack comprend que Napoléon a réussi à le couper de ses arrières, il est trop tard, il doit capituler avec toute son armée le 20 octobre.


Napoléon essaye d'atteindre l'armée russe du maréchal Koutousov qui se replie alors que Murat fonce sur Vienne. Les autrichiens renoncent à défendre leur capitale, les clés de la ville sont remisent à Napoléon le 14 novembre.


Le 17 novembre, Napoléon apprend le désastre de Trafalgar, son rêve d'envahir l'Angleterre devient définitivement impossible.


La flotte franco-espagnole commandée par l'amiral de Villeneuve avait été interceptée par la flotte britannique commandée par l'amiral Nelson près du cap Trafalgar le 21 octobre 1805.


Nelson avait divisé sa flotte en deux colonnes, en cinq heures de combat, 18 navires de la flotte franco-espagnole sont pris, l'amiral de Villeneuve est fait prisonnier, seulement 11 navires commandés par l'amiral espagnol Frederico de Gravina réussirent à rejoindre Cadix.


Les anglais ne perdent aucun bâtiment mais l'amiral Nelson est mortellement blessé lors de l'affrontement entre son navire "Le Victory" et le navire français "Le Redoutable".


Napoléon à besoin d'une victoire décisive, il choisit son terrain, ce sera près du bourg d'Austerlitz. Le 28 novembre il demande à Murat, Lannes et Soult d’opérer un mouvement de repli pour laisser à l'ennemi le plateau de Pratzen. Napoléon installe son bivouac et son poste de commandement sur la colline de Zuran. La veille de la bataille il visite les bivouacs éclairés d'innombrables lumières.


Le 2 décembre à 4 heures du matin les coalisés quittent le plateau de Pratzen et marchent sur le flanc droit des français. L'ennemi attaque à droite, alors qu'au centre Soult attaque les colonnes ennemis et que sur la gauche, Murat et Lannes mettent en fuite le général russe Bagration.


Pendant la bataille Napoléon va de place en place accompagné de Berthier, Lannes, Bessières, Davout, Bernadotte, Soult, Junot et Murat. Il donne ses ordres et vérifie à chaque endroit l'avancement de la bataille.



Quand il voit la cavalerie de la garde impériale russe déclencher une violente contre-attaque, il donne l'ordre au général Rapp, commandant sa garde, de s'engager. Les grenadiers à cheval de la garde enfoncent les lignes des cavaliers de la garde russe et font prisonnier leur colonel, le prince Repnine.
Le 2 décembre, en fin d'après-midi la "bataille des trois empereurs" est une victoire totale pour Napoléon. Les russes fuient sur tous les fronts. Les pertes de l'armée austro-russe sont très lourdes, près de 30 000 soldats hors de combat, 45 drapeaux et 185 cannons récupérés  par la Grande-Armée.


Le Tsar Alexandre décide de se replier alors que l'empereur François II d'Autriche reconnait sa défaite et demande une entrevue à l'empereur des français.



C'est le 4 décembre que les deux empereurs se rencontrèrent près d'un feu en compagnie du prince de Liechtenstein



Ils  parlent plus d'une heure ensemble de la signature d'un armistice et des conditions de la paix qui déboucherons le 26 décembre par la signature du traité de Presbourg.


Par le traité de Presbourg le 26 décembre 1805, l'Autriche perd tous ses territoires allemands, la Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes, Bade devient un Grand-duché. L'autriche perd également certaines dépendances au profit du royaume d'Italie. La prusse, qui effayée avait signé le 13 décembre un traité avec Napoléon, reçoit le Hanovre qui appartenait aux anglais contre la promesse de fermer leurs ports aux anglais.
Napoléon devait maintenant tout faire pour faire respecter ces deux traités pour que la Russie, soutenue par l'Angleterre, ne puisse agir.

Napoléon est de retour à Paris le 26 janvier 1806. Absent depuis quatre mois, il doit reprendre les choses en main en commençant par régler la crise finacière qui touche la France.


Fin février, Napoléon apprend que son frère Joseph et l'armée française ont pris la capitale du royaume napolitain. Le 30 mars Joseph est nommé roi de Naples et de la Sicile.


La campagne de 1806


Au mois d'août 1806, le roi de Prusse, poussée par sa femme à faire la guerre aux français se joint à la Russie, à l'Angleterre, à la Saxe et à la Suède pour former une nouvelle coalition.


La reine Louise de Prusse devient l'égérie de la guerre. Très belle femme, tous les hommes qui l'approche tombe sous son charme, le tsar Alexandre et Napoléon n'y échapperont pas.



Le 26 septembre 1806, le roi Frédéric-Guillaume III, envoi un ultimatum à Napoléon le sommant d'évacuer l'Allemagne. Napoléon comme à son habitude fait vite, il met de suite la Grande Armée en mouvement. Le 10 octobre, le maréchal Lannes qui dirige l'avant garde repousse les prussiens du prince Louis-Ferdinand de Prusse qui est tué durant l'engagement.



Le 14 octobre 1806, Davout bat le gros de l'armée prussienne commandée par le duc de Brunswick à Auerstädt, pendant qu'à Iéna, Napoléon taille en pièce l'avant-garde prussienne commandée par le général de Hohenlohe.



Le 27 octobre, Napoléon entre dans Berlin, la campagne de Prusse est terminée. La Prusse doit régler 160 millions d'indemnités de guerre et est divisée en quatre départements qui entrent dans la dépendance française.



Napoléon convaincu que l'Angleterre pousse toute l'Europe à la guerre contre lui, signe le 21 novembre 1806 le célèbre décret de Berlin qui instaure un blocus continental. Tout commerce et toute correspondance avec l'Angleterre sont interdits.






Voir le chapitre suivant : L'Empire, 2 ème partie 1807 à 1810